
Légendes
La bande de
Chambers
(Cap-Rouge,
Québec)
Une bande de
voleurs en vient à dérober des objets sacrés pour les faire fondre en lingots.
La bande de
Chambers commit ses premiers méfaits chez les habitants installés en bordure du fleuve,
dans les quartiers du Vieux-Port et du Cap-Blanc. Ils étendirent ensuite leur renommée
vers Sillery, Cap-Rouge et Saint-Augustin. Le soir, s'ils voyaient une lourde charge de
sacs de grain partir du port en direction de la Côte-de-la-Montagne, ils s'empressaient
de suivre la voiture et de pousser à l'arrière pour aider la bête à gravie la côte.
Mais une fois arrivésau milieu de celle-ci, ils laissaient tomber deux ou trois des
derniers sacs du chargement pour les faire débouler dans l'escalier Casse-Cou. Leurs
amis, cachés en bas, se chargeaient de récupérer le butin.
Le soir du
Mardi-gras, pour se déguiser, ils allaient dans les cours arrière des maisons couper des
cordes chargées de linge mis à sécher et emportaient les pièces de vêtements. Et
s'ils passaient devant une demeure où l'on faisait une soirée de danse, ils vidaient la
glacière extérieure des viandes, pâtisseries et autres sucreries préparées en vue du
réveillon.
Puis ils
découvrirent que les étrangers qui arrivaient par grands voiliers laissaient souvent des
bijoux de valeur et de fortes sommes d'argent dans leur cabine lorsqu'ils descendaient à
terre pour visiter la ville. Ils se tenaient sur les quais pour rencontrer les marins et,
après les avoir ennivrés, ils les suvaient sur les ponts du navire et détroussaient les
voyageurs. Bientôt fascinés par les métaux précieux, ils réalisèrent que les
églises recelaient des trésors et ce fut le début des vols dans les temples.
Un jour, à la
brunante, un pêcheur se fit surpendre par un gros orage à l'embouchure de la
rivière de Cap-Rouge. Il se réfugia sous les combles d'un vieux moulin à farine
abandonné. À peine s'était-il installé qu'il vit une barque s'ancrer sur la rive et
des hommes en descendre transportant avec eux des objets sacrés. Les voleurs veanient
cacher leur trésor dans leur repaire secret, le vieux moulin de Cap-Rouge, en attendant
de le faire fondre dans un founeau pour en tirer des briques d'or et d'argent.
Après les vols
dans les églises, cette bande de voleur en vint à commetre des assassinats. Finalement,
ils furent emprisonnés puis jugés vers 1835, et ce fut un grand soulagement de les voir
défiler, enchaînés deux à deux, alors qu'on les emmenait vers le lieu de leur
déportation, La Nouvelle-Galles du Sud, d'où ils ne revinrent jamais.
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