
Depuis que j'ai fait mon
voyage
en Belgique, je me suis
intéressée
à leurs contes et
légendes.
Je vais vous en raconter
quelques une.

La légende du renard
1580
C'était la veille de
Noël, à Visé
ce 16e siècle tout
empreint
de superstitions. La nuit
est tombée.
Une fine couche de neige
recouvre
les toits de chaum. Dans
une maison,
à l'enseigne du Mouton
Noir,
où chaque jour, amis et
parents
se réunissent pour la
size la soirée commence.
Une joie toute
particulière règne parmi
l'assemblée. Tous
allaient assister
à la messe de minuit,
admirer les
décorations de
l'église. Ils adoraient
le bambin couché entre
le boeuf et
l'âne. Ils entonneraient
les vieux
chants de Noël wallons
si touchant.
Puis, ils s'en
retourneraient en bandes
joyeuses pour se régaler
des crêpes
préparées par les
femmes.
Dans la cuisine, mamans
et fillettes
s'affairent autour du
fourneau. Près de
l'âtre, où de grosses
bûches dégagent
une douce chaleur, les
hommes sont
assemblés et dans cette
nuit du
Mystère, les souvenirs
reviennent
en mémoire.
Le plus âgé, Norbert,
prend la parole
et raconte une vieille
histoire qui
tout de suite captive
l'assembée.
Je me souviens, dit-il,
que mon
père André, qui n'avait
peur de rien,
me racontait souvent une
chose étrange,
que je n'ai pas voulu
vérifier. Il affirmait
qu'à l'endroit dénommé
Croix Renard,
avait lieu chaque année,
la nuit de
Noël, à minuit, une
apparition étrange.
Venant dont on ne sait
où, un grand
renard aux yeux noirs
comme la nuit,
apparaissait brusquement
dans le
carrefour sans laisser de
traces sur
la neige. C'était,
paraît-il, le diable
incarné, furieux de la
naissance
du petit Jésus qui
allait sauver les âmes
et le priver ainsi de ses
proies.
Malheur à l'infortuné
qui traînait
dans les parages!
Un vieux sage, avait dit
à mon père
qu'il connaissait le
moyen de
détruire le diable. Il
fallait présenter
au renard noir une poule
aussi
noire que lui. Ainsi on
le tenait à sa merci.
Il a même assuré que
celui qui serait
assez hardi pour attraper
le diable
recevrait, en retour, le
secret pour
fabriquer de l'or, il
pourrait ainsi devenir
l'homme le plus riche du
pays.
Moi, dit le vieux, je
préfère y croire
que de vérifier
moi-même.
Ce récit avait jeté un
trouble sur l'assistance.
La volée des cloches
sonnant gaiement,
appelait les fidèles à
la messe de minuit.
Des bandes joyeuses se
formaient et se
dirigeaient vers
l'église. Cependant,
Etienne, un vieux jeune
homme ne les
suivit pas, il bifurqua
vers le plateau de
Lorette. Il annonça aux
autres
qu'il voulait éclaircir
l'histoire du Renard.
Il allait s'embusquer
dans les
buissons pour voir ce
qu'il se passerait.
Les avertissements des
vieux, les pleurs
des femmes, rien n'y fit,
il monta la
colline. Très inquiets,
ses compagnons
se rendirent à
l'église.
Au retour de l'office,
les Visétois se
rassemblèrent afin
d'attedre l'imprudent.
En vain, ils attendent le
lever du jour.
Armés de bâtons et de
fourches, un groupe
d'hommes se dirgea vers
le carrefour
de la Croix Renard.
Un spectacle saisissant
les attend. Les
bras en croix, couché
sur la neige.
Etienne gît mort. Aucune
trace!
Rien ne peut les
renseigner sur ce qui
s'est passé. Seules deux
morsures
bleues apparaissaient au
cou du
brave garçon...
La marque des dents du
Malin!...
Plus tard, on plaça une
croix de pierre
pour immortaliser cette
nuit abominable.
(Cette croix et cette
légende, on en parlait
déjà dans les registres
du 16e siècle:
Li creux di Renar)
Un élément de cette
croix existait encore
dans les années 1930.
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